Président du club d’escrime de Grenoble Parmentier depuis le printemps, Bastien Archambeaud s’apprête à vivre sa première édition du Challenge Mondial U17 à la tête de l’organisation, après avoir été tour à tour : spectateur, compétiteur et bénévole. A l’aube de la 20e édition, il livre sa vision des choses.
Président d’une épreuve internationale
« Pas mal de pression ? Non. Des responsabilité ? Oui. C’est pas mal de temps de travail, et beaucoup d’échanges avec Didier Marguerettaz qui me facilite beaucoup la tâche. J’ai pas mal de réunion. Le gros enjeux ce sont les bénévoles : les trouver et fédérer autour d’un objectif commun, que la compétition se déroule bien et que l’on fasse mieux que l’an dernier pour garder la chance d’avoir une compétition internationale à organiser ».
Toujours faire mieux
« C’est important de toujours faire mieux. On peut avoir des retours qui nous invitent à nous améliorer. On essaie de prendre en compte toutes les demandes : athlètes, délégation, arbitres, bénévoles. Tout le monde doit passer un bon moment. On se doit de donner envie de revenir chaque année. C’est un événement qui nous tient à cœur. Cela nous motive beaucoup en interne, notamment nos compétiteurs M17 pour y participer et nos M15 pour le futur ».
20 ans déjà
« Lors de la première édition je n’avais même pas 2 ans. C’est l’ancienneté de cette compétition qui fait aussi qu’on a envie de la garder. Pour Didier c’est un peu son bébé. Il était un peu tout seul au départ. Le Challenge Mondial avait un peu moins d’ampleur. Cela lui tient à cœur et il a su nous partager son amour pour cette organisation. Quand on y pense cela représente presque la moitié de la vie du club. Le Challenge fait partie de notre identité. Je pense que si un jour on ne pouvait plus le faire, ce serait difficile pour le club, sentimentalement. Cela fait partie des deux événements majeurs avec le Fencing Summer Camp de Vaujany. Ce sont des événements qui font vivre le club ».
Son plus vieux souvenir
« Mon plus vieux souvenir ? C’était quand j’étais petit et que l’on participait à la haie d’honneur ou que l’on était porte drapeau. On était impressionné par les grands avec des gens qui venaient des autres pays. C’était vraiment impression de voir des tireurs étrangers. C’était la première fois. J’avais beaucoup de fascination. En tant que tireur, j’ai également un très bon souvenir. Je n’ai participé qu’à une seule édition, quand j’étais M17 1ère – après il y a eu le COVID-. Je suis très heureux d’avoir pu participer. C’était ma première vraie compétition internationale. Ma famille était venue me voir. C’est dans la même salle que j’avais fait ma première compétition d’escrime. Je l’avais gagné. Bon pas le challenge mais j’avais fait une belle compétition. C’était l’occasion de se mesurer aux étrangers ».
L’image chez les jeunes
« Je pense que le Challenge a cette image d’une grande porte d’entrée vers le haut niveau. C’est comme ça que je l’ai vue à leur âge : le premier pas vers une escrime très compétitive, la chance de tirer face à ces tireurs étrangers. C’est intéressant aussi humainement avec ce mélange de cultures, de pouvoir se rencontrer avec d’autres pays. C’est bien aussi ».
Le Challenge Bertrand-Dedieu
« Je tiens à terminer cette interview en ayant une pensée pour Bertrand Dedieu. J’ai été très marqué par son décès en 2020. Je n’avais jamais connu le deuil avant. Il m’avait coaché, accompagné en compétition. En tant que président, c’est vraiment une fierté d’organiser une épreuve qui porte son nom. Je trouve que cela donne encore plus de sens d’organiser le Challenge Mondial. On peut continuer à parler de lui, de l’homme qu’il était. Je l’ai connu quand j’étais jeune. Il avait ce rôle de grand frère au club. Il était très bosseur, très travailleur. Il était obsédé par la perfection. J’ai le souvenir de bien faire les choses. Il était très minutieux. Il faisait plein de choses à côté. Il m’a donné le goût de faire du sport, du travail par l’exemple. Il était toujours de bonne humeur, il avait toujours la joie de vivre. Il savait travailler tout en donnant une bonne ambiance et une bonne humeur avec ses camarades de club. Il représente parfaitement la philosophe et l’image de notre association ».
Photo : Bastien Archambeaud (à g.) lors de l’édition 2025 du Challenge Mondial aux côtés de Robin Hamon, jeune bénévole du club et futur participant du Challenge Mondial U17 de Grenoble. (c) CAMEMB’R
